"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton"

                                                     Bachelard

A force d'éparpiller les mots et les images qui naissent du quotidien, je les égare, je les sème, j'ignore ce qui en naît peut-être....Pourquoi ne pas les regrouper ici…les partager  au gré du hasard et des errances.

J'espère que cette errance sera aussi ludique pour vous que pour moi ; qu’elle sera l’occasion de rencontres et de découvertes… que comme moi, vous serez peut-être parfois ému, souvent amusé, en colère aussi.


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Voilà, c'est simple comme .... bonjour !

  • Cat
  • L'écume des choses
  • Cat, 52 ans, 2 enfants, 1 chienne, 1 chatte .... Les yeux grand ouverts, la passion des gens, de l'imprévu, de l'écriture ... des aventures de la vie !


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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 08:18

 

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Ce soir je vais vous raconter une histoire, vraie comme toutes les histoires. M’écouterez-vous ? Je ne le sais pas et peut-être est-ce à moi que je veux la dire. Mais si vous m’écoutez, faites-le avec votre cœur.

Hier, j’ai repris la route que j’avais depuis longtemps oubliée. Petit à petit, j’ai reconnu la ligne de chaque coteau, la dentelle de chaque clocher. La vallée s’ouvrait devant moi pour m’absorber, me ramener là où est ma source, mon être le plus primitif. J’ai retrouvé le chemin de la rivière et elle m’a amenée jusqu’à la maison nichée au creux de la roche. J’ai ouvert les volets et les fenêtres et l’ai laissée s’emplir des senteurs des champs, comme un poumon trop longtemps opprimé. Je suis sortie et me suis adossée à la roche, tout à côté d’elle. Des chevilles à la tête, j’ai tant pesé que je sentais la pierre m’égratigner, jusqu’à ne plus faire qu’une, elle et moi …. Le soleil me caressait et le bruissement léger du silence montait de la vallée pour m’envelopper. Avez-vous déjà ressenti la puissance des éléments vous envahir, converger vers vous, comme si vous étiez le centre, le réceptacle où se nouent les  forces de la terre et de l’air ? Il y a des lieux particuliers pour chacun, je crois, et celui-là est le mien, celui qui me régénère. Si vous n’avez encore jamais vécu un instant comme celui que je décris si pauvrement, vous devez me croire folle ! Il n’en est rien. Je sais que bientôt je reviendrai dans la maison de mes ancêtres pour un sabbat primitif ! Vous ai-je dit, que ce lieu dont je suis née, était, bien avant l’ère chrétienne, un lieu de culte dédié à la déesse mère,  à la femme, et que certains rites ont perduré jusqu’au XVIIIème siècle ? 

Aujourd’hui, je suis entrée dans l’église du village où je n’étais pas revenue depuis  le jour déjà lointain de mes noces. Le soleil jetait des taches rouges, bleues, jaunes sur le cercueil de bois blanc comme un hommage au sourire que j’ai toujours vu éclabousser le regard bleu de l’homme simple, droit et bon auquel il nous fallait dire au revoir. Un homme qui, plus que tout autre, souriait en silence pour mieux donner. Et puis nous sommes allés le coucher dans sa terre, tout à côté du cœur du village. Les chevaux, dans le champ voisin lui ont fait cortège. Son épouse et sa fille étaient belles, comme le sont les femmes qui savent donner la vie et tenir la main de ceux qui la quittent.

Je suis repartie. J’ai choisi Rachmaninov pour traverser la vallée et la quitter de nouveau. Le soleil, énorme boulle rouge, s’était posé sur l’horizon alors que déjà, la brume, comme des écharpes de fées, flottait au-dessus de la terre.  

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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 13:17

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L'Amour fût de tous temps un bien rude Hananké. 
Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué,
Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute,
On met le naturel de côté. Bête brute,
On se fait ange. On est le nain Micromégas.
Surtout on ne fait pas chez elle de dégâts.
On s'assied, on attend, jamais l'on ne s'ennuie.
On trouve bon le givre, et la bise, et la pluie.
On doit dire : j'ai chaud ! quand même on est transi.
Un coup de dents de trop vous perd. Oyez ceci :
Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie
Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut
Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut.
L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui

Elle était, ce jour-là, sortie, et quand au mioche,
Bel enfant blond, nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre.
Comment passer le temps, quand il neige, en Décembre,
Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?
L'ogre se mit alors à croquer le marmot.
C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite,
Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d'un ogre est frère de la faim.
Quand la dame rentra, plus d'enfant ; on s'informe.
La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme :
As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?
Le bon ogre naif lui dit : Je l'ai mangé.
Or c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Ne mangez pas l'enfant dont vous aimez la mère.

Victor Hugo

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 00:48

 

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Je hais le soir

Le vide insondable  

Et le trop plein de toi

Je vole

Vers  le désir

D’un homme sans nom

Qui dessine

Des promesses de plaisir

Me purger

Au rythme de son souffle

Commencer d’habiter l’enfer


Je t’offre l’impuissance

Des hommes sans ancrage

Qui contemplent

Alors que leurs jours tendent

Vers l’ultime équinoxe,

Leurs mains vides.

Je reviendrai vers toi

Quand les passantes, se donnant le mot

Eviteront le trottoir où tu te tiens

Je caresserai ton front

Et te dirai, mon amour …

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