Est-il nécessaire d'en dire plus ? Y'a plus qu'à se bouger les neurones
!
Et pas que les neurones
!!!!!
J’ai été invitée récemment sur Facebook, à rejoindre un groupe exigeant que les divers jeux et tests soient rédigés dans un français correct. Cette invitation que je me suis empressée d’accepter, venait conforter mon agacement de plus en plus marqué face au massacre systématisé de notre langue sur Internet.
Quelques amis espagnols, anglais, allemands m’ont confirmé récemment qu’ils font le même constat. L’hécatombe générale. Et ne croyez pas, à ce stade de votre lecture (dont je m’honore et vous remercie !) qu’il s’agit là de récriminations d’une mamie (je ne le suis pas encore!) aigrie (fatiguée certes, mais toujours partante pour toute aventure !) et rétrograde (on est toujours le rétrograde de quelqu’un !). NON.
Internaute convaincue, loin de moi l’idée de remettre en question cet outil magnifique. Mais force est de constater qu’en favorisant la multiplication des échanges et des écrits, il permet de prendre la mesure de l’étendue des dégâts.
Soyons clairs, je ne parle pas des fautes d’orthographe, qui sont autant le fait d’un manque de maîtrise du clavier que des accords et invariants linguistiques. L’objet de mon agacement est double et largement suffisant :
1. Un vocabulaire très pauvre, peu maîtrisé, les mots étant trop souvent utilisés à contre emploi
2. Des phrases qui en sont à peine, faisant systématiquement l’économie des propositions et se résumant à être averbales ou strictement verbales…
Je vous entends me rétorquer que toute langue est une matière vivante et je suis tout à fait d’accord, me régalant des inventions et détournements dont elle est l’objet, ne serait-ce que dans la bouche des adolescents. La question n’est pas là. Hélas !
La faiblesse et encore plus l’absence de maîtrise du vocabulaire font de nous tous, des communicants handicapés. Je n’insisterai pas sur la difficulté, dans ces conditions, à exprimer les subtilités des ressentis et émotions dont le répertoire tend à ressembler aux tableaux de smileys associés aux diverses messageries : basiques, répétitifs jusqu’à la brutalité… je m’attarderai plus peut-être sur les contre sens et incompréhensions induits par l’emploi erroné de certains mots. Un exemple qui n’en finit pas de m’interroger : un contact me demande mon avis après m’avoir exposé le problème sérieux qui le préoccupe, en m’écrivant « quand penses-tu ? ». Un peu surprise par la tournure prise par la discussion, j’en déduis qu’il me demande quand je lui donnerai mon avis. Je lui réponds dans ce sens, s’ensuit un dialogue de sourds que je vous laisse imaginer…
Beaucoup plus sérieux me semble-t-il est la question des phrases réduites à leur plus simple expression, l’absence totale de mots de transition, de conjonctions…. Il y a là, comme une incapacité à exprimer une pensée complexe, articulant au moins deux idées …. De là à imaginer qu’il n’y a plus de pensée …. C’est à craindre. Les écrits dont on est inondés le démontrent assez, ils ne sont qu’une juxtaposition de mots renvoyant à des ressentis. Jusqu’à maintenant je croyais que les émotions et les ressentis étaient la nourriture essentielle de la pensée (ce qui en soi était déjà une position transgressive). Erreur, les émotions et ressentis font aujourd’hui le spectacle tous seuls…. Exit les subtilités délicieuses des sentiments et de la pensée, vive la brutalité de l’attitude immédiate, de la starisation, des effets d’annonce quitte à ce que l’instant suivant mette en scène exactement la position contraire. Peu importe puisqu’on a perdu au passage, le sens de la cohérence, de la construction, de la narration…on a perdu la mémoire et le sens de l’avenir. Pour ne plus être que dans l'instant, des atomes inconsistants mais grandiloquents
Pour le dire autrement. Nous sommes vraiment passés dans l’ère du big Mc où le steak, le fromage et le pain se succèdent sans entretenir le moindre rapport les uns avec les autres. Exit le bonheur des plats liés où chaque ingrédient s’associe aux autres pour construire quelque chose d’harmonieux et de supérieur…
Ce n’est pas une question de génération. Cette incroyable difficulté à s’exprimer, à penser de façon complexe et articulée, à agir de façon cohérente et continue, sans se contredire, sans se défausser est autant le fait de jeunes gens que de personnes d’âge plus respectable. C’est une question d’éducation. Juste d’éducation.
Je m’arrête, c’est déprimant !
A force d'éparpiller les mots et les images qui naissent du quotidien, je les égare, je les sème, j'ignore ce qui en naît peut-être....Pourquoi ne pas les regrouper ici…les partager au gré du hasard et des errances.
J'espère que cette errance sera aussi ludique pour vous que pour moi ; qu’elle sera l’occasion de rencontres et de découvertes… que comme moi, vous serez peut-être parfois ému, souvent amusé, en colère aussi.
Et si vous voulez me laisser un petit message :cat@lecumedeschoses.com
Voilà, c'est simple comme .... bonjour !
Vous l'avez dit !