Bienvenue à vous qui passez

Entrez, venez donc!

Installez-vous confortablement à cette table, dans ce fauteuil .... oui, là près de la cheminée .... ou sur la terrasse !

Promenez-vous à votre guise dans le bric-à-brac des mots et des images que le quotidien me fait laisser là ....

Laissez un mot, si l'envie vous vient d'y ajouter un peu du vôtre ..... ou bien repartez, discrètement, je ne vous en voudrai pas !!!!!

Passez une bonne journée, ou une bonne nuit !

Bien à vous

Cat

Raison d'être là

A force d'éparpiller les mots et les images qui naissent du quotidien, je les égare, je les sème, j'ignore ce qui en naît peut-être....Pourquoi ne pas les regrouper ici…les partager  au gré du hasard et des errances.

J'espère que cette errance sera aussi ludique pour vous que pour moi ; qu’elle sera l’occasion de rencontres et de découvertes… que comme moi, vous serez peut-être parfois ému, souvent amusé, en colère aussi.


Et si vous voulez me laisser un petit message :
cat@lecumedeschoses.com
Voilà, c'est simple comme .... bonjour !

Je suis ...

  • : Cat
  • L'écume des choses
  • : Femme
  • : Ile de
  • : Cat, 50 ans, 2 enfants, 1 chienne, 2 chattes .... Les yeux grand ouverts, la passion des gens, de l'imprévu, de l'écriture ... des aventures de la vie !

Un peu de musique ?


C'est vous qui l'avez dit !

A vous, si vous le voulez ...

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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 19:09

28 avril 1986, 20h00. Il y a quatre heures, j'ai mis au monde mon premier enfant. Ma petite fille. Les mots sont pauvres, défaillants pour dire, la peur de la future mère, l'expérience unique, sidérante de sa propre naissance, quand le corps, les corps prennent les commandes, puis l'émotion absolue, pure, au premier vagissement, devant le visage tout rond, la bouche grande ouverte qui absorbe le monde, d'un seul coup, dans un seul cri ...

Tout le monde est parti, le papa, les grand parents, à grand peine, ne pouvant se détacher de ce tout petit, tout neuf, promesse d'un monde qui se renouvelle.
Je suis seule, Camille est si petite que l'équipe de pédiatrie a préféré la garder pour la nuit.
Un peu flottante, je me dis qu'il est l'heure de reprendre contact avec le monde. J'attrape la télécommande, c'est l'heure du JT.

Tout d'abord, je ne comprends pas ces images grises, floues qui envahissent l'écran. Des bâtiments industriels vides, comme cendrés. Des non-lieux auréolés de mort, sortis de nulle part et projetés au coeur de nos quotidiens.
Les commentaires sont décousus, ne donnent pas prise à la pensée, laissent seulement saisir une tension extrême, une sidération qui est comme le négatif de celle tellement vivante que j'ai vécue quelques heures plus tôt. Éros et Thanatos. Cela je le saisis très vite. Je le ressens profondément.

Petit à petit les mots se fondent aux images et je comprends : Tchernobyle, il y a deux jours .....



Année après année, j'ai vu ma petite fille grandir, rire, danser .... puis farder ses yeux ....devenir la jeune femme drôle, volontaire, généreuse qu'elle est aujourd'hui.


Pas une année sans penser à cette soirée, aux mensonges découverts ensuite, aux mères de ces enfants vus et revus .... surtout aux mères de ces enfants.






Devenir mère, être mère, enfanter, donner, transmettre la vie, dans un monde qui a, à ce point perdu le sens du sacré le plus élémentaire, dont les Lumières vacillent si dangereusement ....  



Être mères quand même, inventer les réponses, vaille que vaille, ravaler les larmes, essuyer les pleurs, accueillir les rires, y répondre et être ensemble, mères pour que demain ait une chance.



Par Cat - Publié dans : Pudeurs et impudeurs - Communauté : A fleur de peau
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 21:25
Dites-le, dites-le encore , chantez-le si vous le voulez, mais alors chantez-le juste, dansez-le jusqu'à l'aube  !!!!!
 
 
 
Et le plus important :
 
 
"S’aimer soi-même, c’est le début d’une histoire d’amour qui va durer toute la vie".
 
Oscar Wilde.
 
 

Par Cat - Publié dans : Sourires
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 19:07
L'imaginaire et le réel sont deux lieux de la vie.
(Lacan)

 

 

 

Par Cat - Publié dans : Pudeurs et impudeurs - Communauté : A fleur de peau
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 18:46
Écoutez. Une femme au profil décharné,
Maigre, blême, portant un enfant étonné,
Est là qui se lamente au milieu de la rue.
La foule, pour l'entendre, autour d'elle se rue.
Elle accuse quelqu'un, une autre femme, ou bien
Son mari. Ses enfants ont faim. Elle n'a rien;
Pas d'argent; pas de pain; à peine un lit de paille.
L'homme est au cabaret pendant qu'elle travaille.
Elle pleure, et s'en va. Quand ce spectre a passé,
O penseurs, au milieu de ce groupe amassé,
Qui vient de voir le fond d'un coeur qui se déchire,
Qu'entendez-vous toujours? Un long éclat de rire.

Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour,
Avoir droit au bonheur, à la joie, à l'amour.
Mais elle est seule, elle est sans parents, pauvre fille!
Seule! -- n'importe! elle a du courage, une aiguille!
Elle travaille, et peut gagner dans son réduit,
En travaillant le jour, en travaillant la nuit,
Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile.
Le soir, elle regarde en rêvant quelque étoile,
Et chante au bord du toit tant que dure l'été.
 
Victor Hugo
Melancholia (extrait)
in Les Contemplations
 
 

 

 
 
Je me perdis plusieurs fois dans les longs corridors, et, en traversant une des galeries centrales, je fus frappé d'un spectacle étrange. Un être d'une grandeur démesurée, - homme ou femme, je ne sais -, voltigeait péniblement au-dessus de l’espace et semblait se débattre parmi des nuages épais. Manquant d'haleine et de force, il tomba enfin au milieu de la cour obscure, accrochant et froissant ses ailes le long des toits et des balustres. Je pus le contempler un instant. Il était coloré de teintes vermeilles, et ses ailes brillaient de mille reflets changeants. Vêtu d'une robe longue à plis antiques, il ressemblait à l’Ange de la Mélancolie, d'Albrecht Dürer. - Je ne pus m'empêcher de pousser des cris d'effroi, qui me réveillèrent en sursaut.
 
Gérard de Nerval,
in Aurélia, 1855
 
 
On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
    Ton œil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
    Alternativement tendre, rêveur, cruel,
    Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.
   
    Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
    Qui font se fondre en pleurs les cœurs ensorcelés
    Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
    Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.
   
    Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
    Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
    Comme tu resplendis, paysage mouillé
    Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !
   
    Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !
    Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
    Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
    Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?
 
Charles Baudelaire
Ciel Brouillé
in Les fleurs du mal 
 
 
 

Par Cat - Publié dans : Pudeurs et impudeurs
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /2009 18:41

On a dit ma génération amorphe, timorée

Couchée au lieu d’être debout.  

C’est vrai. Je crois.

On est ce que notre adolescence nous a fait

Dans le grand brouhaha de ces années là

Quand à l’élan succéda la violence

Sans autre justification que son propre mouvement

Comme un appel d’air irrésistible

Qui déracine le sens

Comme une masturbation mortifère

 

 

Nous nous sommes recroquevillés

Rendus invisibles

Faisant collection de riens

De petits plaisirs volés

D’un éros de pacotille

Jusqu’à l’autisme.

Au prétexte de la « crise »

Quand consommer est la seule manière d’aller sans risque

Nous sommes restés couchés, déjà morts avant d'être nés.

 

Des élans de l’adolescence

Nous n’avons rien voulu garder

Ne pas prendre le risque de nous souvenir

Sans maîtres et sans modèles

Nous allons, vains et vides.

 

 

Est-il trop tard pour être digne de ceux qui ont été debout ?

Est-il trop tard pour se rappeler qu’avant l’automne, l’Allemagne de 78 a espéré ?

Est-il vraiment indigne de penser qu’on peut encore

prendre le risque d’être vivants

Pour pouvoir partir pleinement le moment venu ?

Est-il fou de se poser la question de l’héritage

Celui qu’on n’a pas encore accepté et qu’il va falloir quand même transmettre …


 

Par Cat - Publié dans : Pudeurs et impudeurs - Communauté : Vive le désordre !
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