Il y a quelques jours, j'ai mis cette phrase sur MSN, comme une boutade. Les
réactions n'ont pas tardé, me sommant de m'expliquer, je l'ai donc fait ....
"Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton"
Bachelard
A force d'éparpiller les mots et les images qui naissent du quotidien, je les égare, je les sème, j'ignore ce qui en naît peut-être....Pourquoi ne pas les regrouper ici…les partager au gré du hasard et des errances.
J'espère que cette errance sera aussi ludique pour vous que pour moi ; qu’elle sera l’occasion de rencontres et de découvertes… que comme moi, vous serez peut-être parfois ému, souvent amusé, en colère aussi.
Et si vous voulez me laisser un petit message : cat@lecumedeschoses.com
Voilà, c'est simple comme .... bonjour !
Il y a quelques jours, j'ai mis cette phrase sur MSN, comme une boutade. Les
réactions n'ont pas tardé, me sommant de m'expliquer, je l'ai donc fait ....
Elle a 12 ans, c'était il y a 16 ans. Le
regard qu'elle porte sur le monde est clair, coupant.
Elle interpelle, sans détour, comme on sait le faire à cet âge.
Au delà des faits dont l'actualité est toujours brûlante, ne nous y trompons pas, ce ne sont pas les Grands de ce monde qu'elle interpelle ainsi, du haut de cette tribune démeusurée qu'elle
occupe crânement;
c'est
nous, adultes, parents,
au nom des enfants d'il y a 16 ans, d'aujourd'hui, de demain ...
Ayons le courage parfois de ne pas détourner les yeux, de ne pas nous cacher derrière notre fatigue, un frigo à remplir, une voiture à changer et écoutons les quand ils nous demandent ce que nous
avons fait de notre adolescence, de notre foi en la vie d'alors ...
Quand ils nous demandent si un jour nous aurons le courage d'accorder nos paroles de parents, d'éducateurs avec nos actes d'adultes ....
Afin qu'ils sachent à quoi se fier au moment de prendre le relais ...
Pour que le monde de leurs enfants, de nos petits enfants soit.
Je suis une fille des villes et des villages, de France et d’ailleurs. Je pourrais, je pourrai vous parler d’Aubenas, de Verdun, de Confolens, de Dax, de Tours… Et puis aussi de Barcelone, de Nantes quand elle ressemble à Mannheim ….. Mais pas de Paris.
Je suis une provinciale nomade que ses 20 ans ont amenée une première fois à Paris. Cette première prise de contact a été étrange, comme un évitement, un art du contournement …. Gare de l’Est, Nanterre Université, Odéon, Saint-Michel, Montparnasse …. Je sillonnais le ventre de Paris. Jusqu’à me sentir bien dans cette foule compacte qui se meut comme un organisme vivant, ectoplasme inquiétant qui se rompt à la fermeture des portes, au départ de la rame, pour se reformer dans la seconde qui suit. Cette foule là est sans regards, sans paroles, mais elle n’est pas atone. Elle est régie et réagit selon des règles de liens très primitives où les corps, leurs proximités, les gestes d’effacement pour laisser l’autre exister …. sont autant de réalités régulatrices, de codes qui donnent à chacun une place dans l’instant. Qui donnent, contre toute attente un sentiment de sécurité, dans la nuit perpétuelle du ventre de Paris.
Et puis un jour j’ai eu envie de savoir à quoi ressemblait ce qui était au dessus de ma tête. J’ai fait surface. J’ai marché, pris le bus …
Depuis, j’arpente les rues, les quartiers, me laissant submerger autant que subjuguer par la diversité des lieux et des gens. Je suis dans un lien trop émotionnel pour pouvoir régler la distance du regard et mettre des mots entre cette ville et moi… et quand la haine prend le dessus, je m’enfuis, je rentre dans mon jardin.
Je ne suis pas l’éléphant bleu, vigie superbe, gardien muet qui traverse, révèle et puis laisse vivre ….
Merci de l'avoir dit