Jeudi 23 juillet 2009
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Publié dans : Pudeurs et impudeurs
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Juste à la lisière, au sud de la conscience, dans le lieu incertain où se mêlent
aux bribes de pensées les images et les sensations, flottent obstinées et indociles, douces aussi, ces questions, en ronde lancinante.
Va-t-il bien ? Cette douleur qui épuisait son corps s’est-elle éclipsée
enfin ? Son cœur est-il léger ? Et son rire ? Quelqu’une sait-elle le faire jaillir clair et sonore et le cueillir et s’en parer ?
Le sommeil hypnotique me happe. Me berce d’une tendresse légère comme le souffle
de la nuit. D’un léger vertige qui me prend je sais le manque imperceptible où se ressourcent mes mots, où dort le désir.
Par Cat
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Mardi 30 juin 2009
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Publié dans : Pudeurs et impudeurs
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A toi, moi, mie âme mienne
…
Lâche prise
Laisse à ce passant le goût de ton sang
Ne le laisse plus s’engouffrer dans ta fragilité
Lâche prise
La main qui quémande
Jamais n’entend
Lâche prise
Démêle les souffles épuisés
Redessine l’espace
Lâche prise
Fais confiance au soleil, love-toi dans le silence
Et à l’acmé du jour suivant
Sois amante essentielle
Lâche prise
Mais reviens
Et dis-lui
Que tu as
« rapporté du désespoir un panier si petit, mon amour, qu’on a pu le tresser en osier »*
* René Char "La compagne du vannier"
Par Cat
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Samedi 27 juin 2009
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Publié dans : Pudeurs et impudeurs
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C’était un temps aboli, immobile. La folie avait
éteint les yeux des hommes. La terre et le ciel dans une étreinte mortifère avaient éteint les étoiles…
….
ILS ÉTEIGNENT LES ÉTOILES À COUPS DE CANON
Les étoiles mouraient dans ce beau ciel d’automne
Comme la mémoire s’éteint dans le cerveau
De ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
Nous étions là mourant de la mort des étoiles
Et sur le front ténébreux aux livides lueurs
Nous ne savions plus que dire avec désespoir
ILS ONT MÊME ASSASSINÉ LES CONSTELLATIONS
Mais une grande voix venue d’un mégaphone
Dont le pavillon sortait
De je ne sais quel unanime poste de commandement
La voix du capitaine inconnu qui nous sauve toujours cria
IL EST GRAND TEMPS DE RALLUMER LES ÉTOILES
Et ce ne fut qu’un cri sur le grand front français
AU COLLIMATEUR À VOLONTÉ
Les servants se hâtèrent
Les pointeurs pointèrent
Les tireurs tirèrent
Et les astres sublimes se rallumèrent l’un après l’autre
Nos obus enflammaient leur ardeur éternelle
L’artillerie ennemie se taisait éblouie
Par le scintillement de toutes les étoiles
Voilà voilà l’histoire de toutes les étoiles
Et depuis ce soir-là j’allume aussi l’un après l’autre
Tous les astres intérieurs que l’on avait éteints
…
Les mamelles de Tirésias (G. Apollinaire)
Au mois d’aout, j’irai me planter sous le ciel noir, le nez dans les
étoiles ! Sans obus, sans mitraille, juste avec mes mains levées, orante pour la joie seulement.
J’attraperai une étoile filante, je la donnerai au premier enfant qui passe.
Et puis une autre pour mettre de la lumière dans les yeux de ceux qui sont
enfermés dans des maisons aux volets clos sur leurs désirs d’avant et de demain. A tous ceux qui n’entendent pas le poète.
Viendras-tu avec moi ?
Par Cat
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Vous l'avez dit !