Pudeurs et impudeurs

Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 12:14

Publié dans : Pudeurs et impudeurs - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS

Il y a quelques jours, j'ai mis cette phrase sur MSN, comme une boutade. Les réactions n'ont pas tardé, me sommant de m'expliquer, je l'ai donc fait ....

L'errance, quand elle est choisie et assumée est une vraie source de richesse. C'est la chasse de Pan, chère à l'un de mes maîtres, du temps de mes années d'étudiante. Cette manière de se rendre perméable, accessible, disponible, de laisser la porte, l'esprit et le coeur ouverts. De se donner ainsi, la chance inestimable de rencontrer ceux que l'on croise, dans leurs différences. De se nourrir de leurs différences.
 
La trace que chaque rencontre laisse nous transforme, assurément, et il faut savoir l'accueillir, accepter de se rejouer à chaque fois. Accepter le risque de se perdre pour se retrouver plus loin, le même et autre en même temps, grandi, enrichi.
 
Parce que l'errance mène à la richesse, la seule qui compte finalement, celle de la connaissance. Pas seulement celle des livres, mais celle qui ne passe que par le vécu, l'empathie et l'engagement, celle qui permet d'être toujours plus présent à soi et au monde, multiple et vivant. Cette connaissance là, elle est au delà des mots et je ne prendrais qu'un exemple qui ne parlera qu'aux mères (toutes mes excuses pour les autres!) une femme enceinte pour la première fois peut lire autant qu'elle le veut sur l'accouchement, elle n'en saura rien avant d'avoir accouché ! La seule connaissance sur l'essentiel est celle du vécu, total, jusqu'au bout, sans refus et faux fuyant.
 
Alors oui, l'errance est prométhéenne puisqu'elle nous fait nous risquer à traquer cette connaisance là, multiple et essentielle. Elle est un chemin vers ce feu qui brule et consume. Mais le feu n'est-il pas aussi la vie ?
 
Oui, l'errance est un art, parce qu'elle ne s'exerce que dans une tension permanente, parce qu'elle impose de risquer tout de nouveau chaque jour, de redéfinir, réinventer les moyens de la rencontre et le chemin qui la permet .... et les artistes sont maudits, mais vivants !
 
Oui l'errance se mérite. Elle n'est pas une fuite, chaque rencontre suppose renoncements et engagements. Elle ne fait pas bon ménage avec cette forme de lâcheté qui donne la priorité à la sécurité, sous toutes ses formes avec son lot de liens acceptés, tant matériels que relationnels ou idéologiques, vaux d'or pathétiques ...
La fragilité cachée mais profonde de ces prisonniers volontaires et leur incapacité à répondre à l'appel de l'errance, c'est comme un déni de vie, un brouillard opaque qui englue .... J'ai peine à dire combien les voir ainsi immobilisés dans leur élan, recroquevillés dés que l'inatendu leur fait signe, terrifiés par le bouillonnement de la vie m'émeut.
 
Les rencontres dont je parle sont évidemment humaines, des gens, leurs modes de vie, d'être au monde, mais c'est aussi celle des idées, des engagements .... 
 
Me suis-je expliquée ? Je n'en suis pas certaine, mais alors pas certaine du tout !
Errez chers amis et que les vents, zéphirs ou ouragans, vous soient favorables !!!!!!
 
Ciao
Par Cat - Ecrire un commentaire
Voir les 3 commentaires
Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 22:10

Publié dans : Pudeurs et impudeurs - Communauté : A fleur de peau

La parole est ce qui fonde l’humanité. Ce qui construit l’humain.

Un enfant nouveau-né entre en humanité par la parole. Pas la sienne ! Mais celles qui lui sont données. Celle de son père d’abord, qui le présente et lui donne une place dans la société, quelle que soit la diversité des rituels. Sa mère vient de lui donner toute son animalité, sa vitalité fondamentale; son père lui donne son humanité en le nommant et en l’inscrivant dans sa filiation. Ou dans son absence de filiation qui est alors nommée et explicitée.

Les mots qui lui seront offerts, dont il sera abreuvé dans les mois qui suivent sont aussi nécessaires à sa survie que le lait qui nourrit son corps. Dans l’immédiate après guerre, une pouponnière anglaise a du faire face à une mortalité très importante des nourrissons qui lui étaient confiés. Sa direction a fait appel à René Spitz, psychanalyste de renom. Après un temps d’observation, il a simplement demandé aux nurses de parler aux bébés en leur donnant les soins. De leur parler et de les regarder, parce que la parole appelle le regard. Le taux de mortalité est revenu à un niveau comparable à la moyenne nationale de l’époque, en peu de temps.

Les civilisations traditionnelles, la nôtre il n’y a pas encore si longtemps, sont essentiellement orales, même lorsque l’écrit est maîtrisé. La parole, la parole donnée y fonde les relations entre les gens, définissant pour celui qui la reçoit comme pour celui qui la donne, une place claire. Rien n’a besoin d’être consigné, la parole donnée est un engagement solide qui fait lien et obligation. Elle est le début de l’action. Elle l’encadre, la structure, l’accompagne. En Afrique, un homme qui ne respecte pas sa parole est un « sous homme ».

Aujourd’hui, la parole donnée ne s’incarne que dans l’instant où elle s’énonce. Trop souvent, très souvent évanescente et creuse.

Comme un vieux rituel détourné, elle est instrumentalisée à des fins de séduction, de captation, d’aliénation de l’autre, là où elle était contractuelle et harmonisait des relations entre égaux. Il suffit aujourd’hui qu’elle soit donnée. Qu’importe qu’elle soit tenue, qu’au dire succède le faire. Elle n’est plus chargée d’une intentionnalité au service du collectif, elle est opportuniste et sert l’individualisme.

A ce jeu, c’est la confiance qui s’effrite. La solitude qui s’installe. Celle des donneurs de paroles sans suite, surtout. De ceux qui oublient que le don de la parole est le seul véritable rempart contre la déshumanisation latente qui guette nos sociétés post modernes, contre la barbarie toujours tapie.

Par Cat - Ecrire un commentaire
Voir les 3 commentaires
Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 10:47

Publié dans : Pudeurs et impudeurs - Communauté : A fleur de peau

Beauté et vérité, mais ces hautes vagues
Sur ces cris qui s'obstinent. Comment garder
Audible l'espérance dans le tumulte,
Comment faire pour que vieillir, ce soit renaître,
Pour que la maison s'ouvre, de l'intérieur,
Pour que ce ne soit pas que la mort qui pousse
Dehors celui qui demandait un lieu natal ?

Yves Bonnefoy
Les Planches courbes


Par Cat - Ecrire un commentaire
Voir les 0 commentaires

Raison d'être

A force d'éparpiller les mots et les images qui naissent du quotidien, je les égare, je les sème, j'ignore ce qui en naît peut-être....Pourquoi ne pas les regrouper ici…les partager  au gré du hasard et des errances.

J'espère que cette errance sera aussi ludique pour vous que pour moi ; qu’elle sera l’occasion de rencontres et de découvertes… que comme moi, vous serez peut-être parfois ému, souvent amusé, en colère aussi.


Et si vous voulez me laisser un petit message :
cat@lecumedeschoses.com 
Voilà, c'est simple comme .... bonjour !

Profil

  • Cat
  • L'écume des choses
  • Femme
  • Fontainebleau
  • femme mots émotions colère villes
  • Cat, 52 ans, 2 enfants, 1 chienne, 1 chatte .... Les yeux grand ouverts, la passion des gens, de l'imprévu, de l'écriture ... des aventures de la vie !

Un peu de musique ?


Rechercher

Vous l'avez dit !

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés