Dimanche 21 novembre 2010
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Publié dans : La vie comme elle va ...
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L’automne en ses débuts, juste à la jonction de l’été, c’est le jardin de la plénitude, le temps de la jouissance féconde qui tient dans un équilibre parfait les contraires, l’Eros et le Thanatos, que le
temps renonce dans l’instant, à dénouer. Puis, juste au bout du jardin, c’est la Sologne du Grand Meaulnes, les bois de Chambord sur lesquels, planent, entraperçus avant que la brume les estompe,
les silhouettes de pierres que hantent les échos de la Fête, le crépitement des âtres veillant quand
s’assoupissent les dieux Lares. Alchimie obscure qui transmute l’or des feuillages, écrin du brame, en flammes hypnotiques.
L’été c’est des ailleurs, un sud fantasmatique que le soleil découpe en a plats de couleurs dures, dessinant l’ombre pour mieux sublimer leur violence vitale. Le temps nodal, celui des vibrations essentielles auquel il faut savoir s’abandonner, s’offrir. Et s’arrimer à la terre pour saisir le ciel.
Le printemps, définitivement est d’essence tourangelle. Sans effet, sans flamboyance, il
est là, un matin, comme un amour qui revient. La douceur de l’air délie les
gestes et les frusques de l’hiver ; le lilas invite à renouer avec la légèreté ; la lumière réinvente la volupté, sans bruit, tout simplement. La sage Touraine est une coquine, féminine
en diable,secrète et masquée dans ses tumultes, à la Loire elle se lie et bien fol qui s’y fie.
L’hiver enfin …. L’hiver est une douce nostalgie d’Allemagne. De cette Allemagne qui depuis Karlsruhe
remonte le courant du Rhin, se perd dans les sombres, froides et si secrètes vallées de la Forêt Noire, se laisse envoûter par le Lac de Constance
pour prendre le chemin de la Bavière et se laisser peut-être happer par sa puissance volontiers tonitruante … la nostalgie de cette tranquille assurance, de cette chaleur offerte, disponible. Des
petits Gasthaus perdus dans la montagne comme un phare, un havre dans la nuit blanche de l’hiver. Des Wursts aux épices brulants chauffants les doigts des amoureux insatiables des rues baroques
de Freiburg, des rives fantomatiques du Bodensee sous la neige, dans la lumière dorée des marchés de Noël. De l’odeur des Bretzels chauds et des
Weihnachtsplätchen, petits gâteaux délicieusement parfumés, épicés, sourires gourmands de l’Avent. L’hiver allemand, sage et chaud, réconfortant et
baigné de musique au cœur de chaque famille, sur le parvis de chaque église la nuit de Noël …..
Cette sagesse douce fait glisser l’hiver, jusqu’à l’explosion attendue, la folie démesurée durant une
semaine …. Le carnaval !
Vous l'avez dit !